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voleuse de vie Journal intime créé par weimali

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Ce journal est partiellement publique
Journal public


Préface
 intro indispensable
 intro, importante
 là où j'en suis, aujourd'hui
 comment tout a commencé
 il m'est arrivé de couler
 j'ai appris 2/3 trucs
 y'a des sales légendes
 'fo subir tous les experts
 un sale dimanche de printemps
10   c'est pas moi qui l'ai dit
11   page spéciale : interruption momentanée des hostilités
12   Pourquoi(S) ?
13   Et maintenant ?
14   noyeux joel
15   Janvier 2006 – Quoi faire de tout ça ?
16  Juillet 2006 – l’oiseau mazouté, dans toute sa perplexité
Juillet 2006 – l’oiseau mazouté, dans toute sa perplexité      page publique

Ça y’est !

J’ai fêté il y a quelques jours : 1 an sans poche, ainsi qu’1 an et demi de cicatrice hanche - hanche

Je fêterai dans quelques jours : 2 ans depuis la coelio, … et 2 ans sans lésions connues ou vues

A cette date, également, j’aurais totalement emplafonné les 2 ans que m’avait donné le chirurgien pour être mère …

Toutes ces échéances, toutes ces menaces, passées, présentes, et futures me donnent le tournis
Je me perds parfois dans « mes comptes » …. Je m’y fais mal aussi

Tout est un peu confus : je semble être « guérie » sans l’être :

Pas de récidive, mais revenez me voir bientôt Melle ….

Vous ne pissez toujours pas, et peut être que plus jamais, mais peut être que le temps joue pour vous, même si plus vous vous éloignez des 2 ans , moins c’est sûr ….

Peu, très peu, de chances d’enfant, mais pas aucune chance non plus, même si à votre âge …

En septembre, quand je fêterais mes 32 ans, je serai chômeur ……. Et ça me soulage
Plus à essayer de rentrer au forceps dans un métier que je ne peux plus assumer physiquement, et qui suppose une vie qui n’est que la mienne d’avant (et ne sera plus jamais pour moi)
Plus à se faire mal à essayer de compatir avec des faux problèmes, de courir après de faux enjeux
Plus à frayer avec la petitesse au quotidien des gens qui ont toujours été (des gens) bien
D’un autre côté, encore des choses à choisir, à construire, à faire …. Un grand saut dans le vide … Une nouvelle mise à l’épreuve (que sais je faire ? quel est mon désir vrai ?)

Par ailleurs, ça veut peut être dire aussi plus de voyages … oui, mais les voyages, c’est tout ce qui me faisait être moi, dans ce métier et ce monde qui n’étaient tellement pas moi

J’ai déjà dû laisser le théâtre …

Quel méli mélo !!! Z’en voulez d’autres, des séances de patauge ? :

Je me reconnecte parfois avec mon corps, mais comme par accident : si, par hasard, je me sens cap’ de remettre une jupe, ça me paraît trop beau pour être vrai … et je ne suis pas sûre que c’est encore moi, cette fille en jupe

Si je me félicite d’avoir pu marcher 20 minutes, que j’y vois une victoire, ou un don de la vie, ou la fin de cette merde … une petite voix me susurre « bravo ! et pour combien de temps encore ? »
J’aime ce mec, et je veux un enfant de lui …. Oui mais le pourrais je eu moins ? le chir n’a pas l’air catégorique … et si des essais ramenaient la pieuvre ? on jouerait la poche à vie ? … Oui, mais le veut il au moins ? L’a pas l’air prêt à quitter son studio le garçon ? Oui, mais comment lui en vouloir de ne pas se damner pour une balafrée shootée aux hormones et avec une libido qui, quand elle existe, est très compliquée ?

Je la vois cette psy, et je vais tordre le cou à tous ces démons que la pieuvre a réveillés et dopés … Oui, mais, le pourrais je au moins ? J’ai pas l’air d’avancer des masses encore, et, il est clair que si la pieuvre re-bougeait ne serait-ce qu’une tentacule, elle aurait raison de moi dans la seconde

Je vais le trouver, moi, ce job qui me va … Oui, mais sera – ce un job te donnant assez de sous pour te soigner ? Le profil pour convaincre l’assistante sociale que tu ferais une maman digne de ce nom ?

Je suis soulagée de ne plus souffrir comme avant …. mais le simple souvenir, non pas de combien exactement je souffrais, mais du simple fait que je souffrais atrocement, suffit à me glacer d’horreur, à faire monter les larmes, et à réveiller cette bonne vieille peur tenace, insidieuse, et gluante

Je ne suis plus tout à fait dans le monde des morts, mais je ne suis pas vraiment là non plus

J’ai toute ma vie à rebâtir, mais avec cette saloperie au milieu, qui dicte certains des points de la reconstruction, et qui pourrait me reprendre d’un coup tout ce que je rebâtirais

Je croyais ne plus avoir de colère …. Mais je la retrouve parfois, moins souvent, mais avec une violence accrue

Je savais que j’aurais toujours peur … Mais pas qu’elle serait si tenace et si glaciale

Je veux, profondément, faire quelque chose pour moi …. Je veux re-bâtir, re-sentir, re-partir
J’ai beaucoup de choses pour ….
Et trop de choses qui se mettent en travers du chemin

Ma pulsion, forte, de vie se heurte encore trop souvent à ma peur, aux traces de cette guerre dégelasse que la pieuvre m’a forcée à livrer … et au fait qu’elle m’a laissée là, vide de mon énergie, privée de mes espoirs, et dépourvue de ma naïveté

Je suis heureuse sans l’être
Je suis sortie des enfers, sans pour autant retrouver une terre stable, fertile, et accueillante

Je prends chaque jour la mesure de ce que j’ai supporté, et je me fais peur rien qu’en m’en souvenant
Bien sûr, je prends le poids exact de l’énergie que j’ai dépensé pour traverser tout ça sans crever … mais au lieu de me dire que j’ai ça pour moi, je me dis que c’est autant d’énergie que je n’aurais plus jamais … et je me surprends à espérer que la vie m’épargne, et qu’elle ne mette plus rien sur mon chemin qui fasse mal ou peur

Là où j’ai tout à reconstruire, là où l’envie et la vie reviennent parfois, comme par accident …. J’ai toujours mal, j’ai toujours peur, je doute encore, je pleure parfois … et je ne suis pas sûre d’avoir la force … ou le droit. Ou qu’on m’en laisse le temps

Je veux vivre, mais … j’ai vu le diable en face …et je m’en rappelle … et personne ne m’a juré qu’il oublierait mon nom