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il était une fois la vie... Journal intime créé par l.u.n.e.t.o.i.l.e

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Journal public


Préface
 y a une première fois Ă  tout!
 par oĂą commencer...
 tendance
 A la dĂ©couverte de son corps...
 un si petit ĂŞtre, l'ange de ma vie
 je veux mourir
 pfff...le respect ça existe tu sais!
 je me souviens...
 juste une lettre d'elle...merci.
10   c'Ă©tait il n'y a pas si longtemps...
11   - instant de vie -
12   les paradis interdis...
13   Ayez la rage!
14   donnez-lui les ailes...
15   juste une petite parenthèse
16   un petit peu plus sur moi
17   je suis...
18   quand tu me diras...
19   les rĂŞves ça poussent sous la pluie...
20   bi,... donnez moi votre point de vue
21   Barbes - Clichy
22   Pourquoi ne pas tout lacher...
23   RE
24   envie de lui...
25   ce Grand bonhome lĂ 
26   A toi Julian...
27   et une rupture de plus, une!
28   Je t'aime Julian
29   toujours lĂ 
30   besoins sexuels diffĂ©rents
31   Ă©ternels amants
32  c'est ainsi
33   un peu de bonheur, beaucoup de deception
34   L'âge de la souffrance
c'est ainsi      page publique

Pendant mes vacances, je suis allée avec ma joe et deux copains au Jamaïcain Sun Rises Festival (pour ceux qui ne sauraient situer, c’est le plus grand festival de reggae d’Europe, et ça se passe dans je ne sais plus quel bled du sud de la France).
Je vous laisse donc imaginer l’euphorie que l’on peut trouver là bas, c’est vraiment un truc de malade. Nous n’avions même pas besoins d’une carte pour trouver le bled, il suffisait simplement de se laisser guider par l’odeur de l’herbe fraîchement fumée…

Avant de rentrer dans le festival et de goûter à l’excitation la plus suprême, nous devions (bien entendu) attendre dans une file d’attente 20 fois trop grande pour notre impatience. Mais bon…
Un garçon que, tout comme moi, la chaleur accablait, commença à me parler, tout en roulant quelques splifs… Je le trouvais très vite très sympathique (sûrement aussi grâce aux quelques grammes de teush qui commençaient déjà à pendre possession de moi). Il me dit qu’il s’appelait M. et qu’il avait 19 ans, enfin bref. Une fois être rentrée dans le festival après m’être fait fouiller de partout (vraiment partout), je le perdit de vue, sans doute trop occupée à m’emparer de cette folle musique que mon corps ne cessait de me réclamer. J’étais en transs, comme portée par une vague de sensation bien trop grande pour moi. J’aimais ça.
Plusieurs personnes me proposèrent de la cok, ma joe et moi en avions très envie. Mais les deux copains nous ramenaient à la réalité et maîtrisaient nos pulsions ce qui nous énervait mais nous soulageait. Nous savions que quelqu’un était là en cas de besoin ce qui nous rassurait… nous avions une trop grande facilité à partir bien trop loin…
Je me retrouvait avec M. quand quelqu’un sans doute guidé par mon état déjà lamentable me proposa du crack et autres dérivés de cok… je refusait avec un soupçon d’assurance et regardait M qui prit un petit sachet en échange de quelques billets… il me regarda presque en s’excusant et s’enfuit se fondre dans la masse de drogués agglutinés autour des enceintes tout en reniflant une jolie poudre blanche… à ce moment là j’étais presque envieuse,… presque.
Ce sentiment s’évanouit vite lorsque j’aperçue à plusieurs reprises M. complètement affalé, le regard brouillé, baignant dans la poussière et la solitude, ce qui ne pouvait que contraster avec l’humeur du festival qui s’agitait tout autour. J’essayais de lui parler, mais rien. Pas un battement de cil, ni même un tremblement de ses mains, que pourtant je m’empressais de presser en vu d’obtenir une réaction. Aucune vibration n’émanait du corps de M. Je parlais à un corps inanimé, complètement dépossédé de lui-même.

A la fin du festival, je retrouvais M. dans la même position, avec pour seul changement, le décor : les débris post-festifs avaient remplacés les fêtards… Je décidais d’aller le voire. Arrivée à quelques centimètres de lui, je compris...
Il était là, gisant dans la béatitude du dégoût, le corps démembré... la bouche dégoulinante de salive...
CÂ’est Ă  ce moment lĂ  que jÂ’ai enfin compris,...belle idiote que jÂ’Ă©tais... Je compris que cÂ’Ă©tait trop tard, cÂ’Ă©tait fini. Et je mÂ’en voulais.

Verdict : overdose.

Cette nuit là je suis restée quelques heures dans ses bras en pleurant, comme si je tentais de retenir la chaleur de son corps encore intacte. Je repoussais toutes les personnes qui s’attardais sur moi, me demandant si j’avais besoin d’aide. Ils ne comprenaient pas. J’aurais voulu mourir cette nuit là.

AujourdÂ’hui encore je mÂ’en veux.