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voleuse de vie Journal intime créé par weimali

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Ce journal est partiellement publique
Journal public


Préface
 intro indispensable
 intro, importante
 là où j'en suis, aujourd'hui
 comment tout a commencé
 il m'est arrivé de couler
 j'ai appris 2/3 trucs
 y'a des sales légendes
 'fo subir tous les experts
 un sale dimanche de printemps
10   c'est pas moi qui l'ai dit
11   page spéciale : interruption momentanée des hostilités
12   Pourquoi(S) ?
13  Et maintenant ?
14   noyeux joel
15   Janvier 2006 – Quoi faire de tout ça ?
16   Juillet 2006 – l’oiseau mazouté, dans toute sa perplexité
Et maintenant ?      page publique

1. Rapport aux évènements / Courageuse ? Non !

On me le dit parfois, mais Â…. je ne sais pas si j'ai du courage, du vrai

En réalité, je me suis retrouvée jetée là dedans sans aucun autre choix que de subir des mutilations dans l'espoir d'arrêter les souffrances

Puis idem, re : plus d’autre solution que de subir les conséquences post op en essayant de les croire quand ils disent que ça ne durera pas éternellement

En fait, je crois que c'est plus une petite fille qui nie, et se refuse, à terre, que de la vraie marche debout, ce que je vous propose dans mes écrits

2. Rapport au temps / Essayer de « penser droit », … sans toujours y arriver !

Ça, je connais bien
Cette angoisse du présent, et cette volonté d'anticiper les évènements, de les dessiner d’avance avec frénésie, de savoir enfin ce qu’il va advenir de nous,

Même si tout le monde nous dit de laisser aller, même si il y a toujours une bonne âme pour nous expliquer l’intérêt du carpe diem, un ami pour nous rappeler le prix de l’instant présent

Mais, devant l'angoisse, tout le monde essaie de prévoir, de se protéger, et d'anticiper : c'est légitime !!!!

On se fout de ce que peuvent en dire les autres, ceux qui ont la chance de ne pas avoir rencontré la peur ou l'incertitude

La difficulté, en fait, c’est ça : quitte à essayer d'anticiper "en force", autant tenter de rester calée sur des vérités vraies, sur des probas et des faits purement médicaux, plutôt que sur nos peurs instinctives et viscérales

Là où ça devient sportif, c’est que ces probas, ces « certitudes » sur la maladie, son comportement, ses évolutions, personne, pas même les médecins, n’en a !

3. Quelle vie après la tempête (si jamais elle cesse un jour) ??????????????

Peut être bien que le pire dans cette maladie, c'est ce putain de doute qu'elle met en nous, et sur tous les chapitres de notre vie : serais je à nouveau dans les douleurs ou pas ? garderais je mon humeur ou pas ? mon ventre sous son aspect actuel ou pas ? serais je mère ? m’aimera –t on ? pourrais je marcher 10 minutes demain, comme hier ? etc. …

Peut être aussi, que c'est ce que je vis le plus mal, outre les souffrances

Je crois bien que c’est clair, maintenant : fini pour moi l'époque bénie où je vivais, tout court ... maintenant, je vais devoir vivre en n'oubliant jamais que, peut être, un colis piégé se trouve sous mon siège ... tandis que tout le monde est dans le métro sans même y penser, en laissant vagabonder son esprit, voire, en trouvant « grave » que le siège soit bien placé ou pas

Je ne pourrais plus jamais rien promettre à quelqu'un (de "je t'aime" à "on se voit demain soir") sans avoir une petite voix au fond de ma tête qui murmure aussitôt "en est tu bien certaine" ???

CÂ’est horrible

Mais peut être que, quand j’aurai des cheveux blancs, et vécu comme ça pendant longtemps, je m’y serais faite quand même, qui sait ??!

Quand on réfléchit bien, ce doute, ce colis piégé, c'est vrai pour tout le monde, endo ou pas

Le problème, c'est que, moi, je n'ai plus, je n’aurai plus jamais, la possibilité de faire semblant de ne pas savoir

Comment je vais mÂ’engager, moi, maintenant ?
Comment vais je apprécier le présent si j’ai toujours un sac sous mon siège, ou si je le cherche toujours du regard ?
Oui, mais comment se préparer un futur vivable si on ne se penche jamais sous le siège pour vérifier ?
J’ai envie d’oublier, de re-vivre sans même y penser, de re-trouver normal de courir
Mais je ne peux pas, et je ne veux pas non plus, oublier tout, oublier vraiment

Je ne sais pas comment je vais vivre
Je ne sais plus

Demain, les chirurgiens me diront si je vais bien ou pas, si on peut enlever cette vacheté de poche ou pas … p’t’être oui, p’t’être non

Depuis un mois, je sors avec lui, depuis hier, je suis presque sûre d’être amoureuse de lui ; mais en ai-je vraiment le droit vis à vis de lui ? mais qu’est ce que ça peut donner une fille malade, ou potentiellement malade, comme bonheur ???

Je ne sais rien, plus rien, de ce qui va mÂ’arriver, de ce qui mÂ’arrive, de ce que je veux, ou de ce que je peux