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Un instant d'Eternitť Journal intime crťť par pepinette

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Ce journal est partiellement publique
Journal public


Prťface
 Ecriture secr√®te
 Le sortil√®ge s'enfuirait-il ?
 Le calme apr√®s la temp√™te
 Notre √©trange bal masqu√©
 L'arrogant gendarme et la duchesse aux pieds nus
 Ecriture clandestine
 Discussion polissonnes entre filles
 Il ne fait pas bon √™tre une jeune-fille...
 Ouais et si je pensais √† m'√©clater ?
10   La l√Ęchet√©, √ßa suffit.
11   L'√©criture d'un journal
12   Parano√ģa niveau 9 !!!
13   Je n'aime pas le quatorze juillet
14   A√ģe A√ģe A√ģe
15   L'√©t√©
16   Danser avec le feu
17   Emotions
18   Une, deux ! Une, deux !
19   Il s'appellera Zut, et le prochain se nommera Flute !
20   P√©pi, P√©pi Croquettes !
21   Des p√®p√®tes pour Pepinette !
22   Je ne suis pas romantique
23   Il faut que...
24   Ce qui fut fait ...
25  Cette nuit : une mort √©vitable.
26   Il est revenu...
Cette nuit : une mort √©vitable.      page publique

Lorsque je suis arrivée ce matin au travail, N. m'a dit que le chaton dont A. avait la garde, se trouvait dans notre bureau. J'ai d'abord pensé que A. l' y avait déposé parce qu'il avait fait le cirque toute la nuit.
Puis A. appelle : " Tu as vu mon mot sur ton bureau ?" " Non"
" J'ai un ami qui s'est tué cette nuit..." "En voiture ...?" " Oui, j'ai un pote qui a voulu lui prendre ses clefs, il avait trop bu, moi, je lui ai proposé de dormir à la maison... il n'a rien voulu entendre..."

Il s'est tué à 500 mètres de chez lui. Cause : l'alcool. Il avait 25/ 26 ans.

Pourquoi depuis des millénaires les gens croient-ils en des dieux qu'ils n'ont jamais vu, mais refusent d'admettre des vérités scientifiquement prouvées, expliquées, analysées ?
Si l'on invitait les personnes qui prennent beaucoup de risques à sauter du bord d'un précipice : elles refuseraient. Parce qu'il s'agit d'un danger; le risque, lui, n'est que potentiel : il se peut que... Alors, on meurt bêtement. Je sais que l'on mourra tous un jour, mais le fait de n'avoir qu'une vie signifie, certes, en profiter car le temps qui nous est aparti s'épuise vite. Néanmoins, parce que nous n'en avons qu'une seule -de vie- nous devons en prendre soin, ne pas trop jouer avec le feu, ne pas s'amuser à trop provoquer la roulette russe.

Je suis payée pour que ce genre de chose ne se produise pas. Le mot d'ordre dans notre profession est l'humilité. Nous devons renoncer à la toutepuissance : personne n'est sauveur.
Et pourtant, à quoi est-ce que je sers ?
Je pense aussi à ces amis qui carburent à l'alcool et auxquels j'ai transmis les doses hebdomadaires à ne pas dépasser lors d'un repas. Sur un ton anodin ( je ne peux "travailler" avec des proches, cela briserait la relation). La bouteille de vodka se vide pour lui et le vin pour elle.
Il disait l'autre fois qu'il avait des crampes; dans le métier, on sait ce que cela signifie. D'un air léger, j'ai posé un doigt sur la bouteille et j'ai dit : " Ca peut être ça...".
Voilà, c'est tout ce que je peux faire pour eux et espérer que la situation ne se dégradera pas. Mais elle se dégradera, leur alcoolisation massive est de longue date, ils ont franchi le cap de la quarantaine. Leur haleine exhale souvent l'après-midi des relents d'alcool.
Non, je ne juge pas. je n'ai pas d'approche morale. Que ce soit bien ou mal :je m'en fous. Ce qui me contrarie , c'est que cela nuit √† la sant√© et nuira √† leur bonne entente t√īt ou tard.
Et merde.

J'ai envie de changer de job; je suis lasse d'informer. Je préfererais raconter des conneries, dire n'importe quoi, il y aurait même des gens pour me croire.Mais ceux qui meurent : "ce sont les autres". Ceux qui grillent leur vie : c"e sont les autres". Les alcooliques , les dépendants : "ce sont les autres". " Moi, je m'éclate" . Tu t'éclates la gueule sur le pare-brise.
" Moi, ce que j'aime, c'est faire la fête". Les obsèques sont aussi une jolie fête., crois-moi avec beaucoup d'amis.
"Je ne veux pas me priver de plaisirs". Je ne te dis pas de vivre en hermite, en carmélite, fais-toi du bien. Mais regarde : là, tu vas trop loin.

Allez P√©pinette, change de job, l'homme est si s√Ľr de lui, de sa ma√ģtrise de l'existence, de son pouvoir et surtout de son contr√īle.
Laisse tomber la pluie, et si tu ne trouves pas d'autre job : empoche ton salaire et ne te pose pas de question. Chacun fait ce qu'il veut de sa vie.
Mais si, au moins, ceux qui font tout pour se la bousiller en avaient conscience; alors ce serait un choix. Et là, je le respecte. Mais c'est l'ignorance, l'orgueil qui nous poussent. Je ne parle pas des gens dépendants : eux sont piégés. Mais des autres, de ceux qui abusent en se croyant des super-men. Je ne parle pas de ceux qui puisent un mieux-être dans le risque et pour lesquels le risque est un médicament, un baume bienfaiteur. Je pense aux gens sans difficultés particulières qui pourraient prendre soin de leurs uniques véritables biens : la vie et la santé. Qu'ils pensent à ceux qui souffrent, aux malades, aux personnes handicapées.
Mais non.
Je suis écoeurée. Et cette page n'est pas en lien avec ma déontologie et je m'en fous.