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Un instant d'Eternitť Journal intime crťť par pepinette

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Ce journal est partiellement publique
Journal public


Prťface
 Ecriture secr√®te
 Le sortil√®ge s'enfuirait-il ?
 Le calme apr√®s la temp√™te
 Notre √©trange bal masqu√©
 L'arrogant gendarme et la duchesse aux pieds nus
 Ecriture clandestine
 Discussion polissonnes entre filles
 Il ne fait pas bon √™tre une jeune-fille...
 Ouais et si je pensais √† m'√©clater ?
10   La l√Ęchet√©, √ßa suffit.
11  L'√©criture d'un journal
12   Parano√ģa niveau 9 !!!
13   Je n'aime pas le quatorze juillet
14   A√ģe A√ģe A√ģe
15   L'√©t√©
16   Danser avec le feu
17   Emotions
18   Une, deux ! Une, deux !
19   Il s'appellera Zut, et le prochain se nommera Flute !
20   P√©pi, P√©pi Croquettes !
21   Des p√®p√®tes pour Pepinette !
22   Je ne suis pas romantique
23   Il faut que...
24   Ce qui fut fait ...
25   Cette nuit : une mort √©vitable.
26   Il est revenu...
L'√©criture d'un journal      page publique

J'ai été dérangée hier par une feuille rédigée par une diariste. J'ai longtemps réfléchi à qui m'avait perturbée et je pense pouvoir l'expliquer. Deux points m'ont embarrassée lors de cette lecture, que j'ai failli interrompre :
1) Il ne s'agissait pas tout à fait d'une page de journal.
2)- La manière de se raconter, de se mettre en scène m'est apparu obscène, non pas dans le contenu, mais dans la manière.

Premier point : était-ce une page de journal ?
La personne semblait utiliser son journal comme moyen de communication avec une autre;il m'a semblé qu'elle adressait un courrier, un message à quelqu'un. De fait, son journal( en tout cas, cette page-là )constituait une sorte d'échange épistolaire.
Le journal "intime", ou plut√īt les journaux ( tant de formes sont possibles et peuvent co-exister entre elles) sont d'abord l'expression d'une voix :se dire, se raconter. Traditionnellemment, on s'adresse √† soi, ce qui permet de s'√©pancher, mais aussi de laisser des traces en balisant un quotidien qui risquerait ,sans quoi, de ressembler √† un flot ininterrompu, sans signification, ni fait marquant.

De plus, ,nous avons ici la possibilité de faire entendre notre voix en tout anonymat , et ceci présente de nombreux avantages. Le monologue devient une sorte de dialogue implicite avec la possibilité de communiquer ,à un moment ou à un autre, avec un lecteur- un autre être que soi.
Le journal permet par conséquent de se faire entendre, même si cela n'est pas la priorité de ce genre d'écrit.
Bien-s√Ľr,nous sommes libres d'user du genre diariste √† notre guise ,et les inventions sont toujours bien venues pour enrichir ces √©crits porteurs d'infinies possibilit√©s. Mais pourquoi livrer √† tous un message adress√© √† un seul ? Cela me d√©concerte et me permet d'√©voquer le second point qui m'a d√©rang√©e. La lecture d'hier a provoqu√© chez moi un sentiment de r√©pulsion; l'√©crit m'est apparu obsc√®ne.
Je crois que l'on peut tout dire, et même choquer sans pour autant sombrer dans l'obscénité. Pour ce, il importe juste de prendre un peu de recul( oh! un tout petit peu)ou bien encore une distance amusée, sans lesquelles l'écrit peut être pornographique, quand bien même ne traite-t-il pas de sexe. La pornographie, ce sont les gros plans sur les parties d'un corps fractionnée. L'être est alors pour ainsi dire éclaté en morceaux, et ne se réduit dès lors qu'à une partie de son anatomie. Quand on se livre en balançant soi-même comme de la matière brute, je considère qu'il s'git d'une sorte de pornographie. Une exposition viscérale de soi, élaborée à partir d'organes, de sang, d'eau visqueuse er de pulsions. Pas de mentalisation, pas de construction de soi, on s'exhibe.
Le lecteur est alors une sorte de déversoir, de poubelle au couvercle béant dans lequels s'engouffreront tout le surplus qui submerge l'auteur. Je ne suis pas une poubelle. La vie des autres m'interesse à condition qu'elle ne sollicite pas trop mon voyeurisme, qu'elle ne me confronte pas à l'indécence,que je ne sois pas manipulée au point de devenir complice d'une espèce de déréglement qui ait besoin de moi pour s'affirmer.
Voilà ce que j'avais besoin d'écrire. Je ne sais si j'ai été claire, mais je crois avoir réussi à mettre en mots un peu de ce que je ressentais, à mettre un peu d'ordre dans la confusion de mes sentiments, de mes impressions.
Je sais aussi que je ne lirai plus des √©crits de ce type, parce qu'ils ne m'apportent rien ou plut√īt parce qu'ils polluent mon monde int√©rieur.Mes mots sont s√©v√®res, mais pour avoir √©crit autant de lignes sur le sujet, je pense qu'ils sont proportionnels au chaos dans lequel m'a plong√©e- momentan√©ment- cette page lue par hasard. Mais √©tait-ce vraiment par hasard ?