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Un instant d'Eternitť Journal intime crťť par pepinette

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Ce journal est partiellement publique
Journal public


Prťface
 Ecriture secr√®te
 Le sortil√®ge s'enfuirait-il ?
 Le calme apr√®s la temp√™te
 Notre √©trange bal masqu√©
L'arrogant gendarme et la duchesse aux pieds nus
 Ecriture clandestine
 Discussion polissonnes entre filles
 Il ne fait pas bon √™tre une jeune-fille...
 Ouais et si je pensais √† m'√©clater ?
10   La l√Ęchet√©, √ßa suffit.
11   L'√©criture d'un journal
12   Parano√ģa niveau 9 !!!
13   Je n'aime pas le quatorze juillet
14   A√ģe A√ģe A√ģe
15   L'√©t√©
16   Danser avec le feu
17   Emotions
18   Une, deux ! Une, deux !
19   Il s'appellera Zut, et le prochain se nommera Flute !
20   P√©pi, P√©pi Croquettes !
21   Des p√®p√®tes pour Pepinette !
22   Je ne suis pas romantique
23   Il faut que...
24   Ce qui fut fait ...
25   Cette nuit : une mort √©vitable.
26   Il est revenu...
L'arrogant gendarme et la duchesse aux pieds nus      page publique

Il y a longtemps dans un ch√Ęteau, eut lieu une f√™te.
Les convives √©taient nombreux et une jeune femme pauvre "√† en crever la dalle" se trouvait l√†, elle aussi.Ses ballerines √©taient √©lim√©es et ses v√™tements trou√©s;elle portait des cheveux tr√®s longs. On la pr√©senta √† des hommes, √† des femmes. Elle s'en foutait, elle se demandait ce qu'elle fichait l√†. Un bel homme lui demanda si elle souhaitait visiter le ch√Ęteau !
Elle refusa d'abord, elle soupçonnait le à rasion le guet-apens.
Et puis, elle se rappela qu'elle était seule, pauvre, qu'elle n'avait rien. Quand on n'a rien , que peut-on perdre ?Que croit-on qu'il serait encore possible de perdre, sinon rien ?

Alors, elle accepta la promenade dans les dédales et suivit son beau Minotaure.
Ils gravirent un escalier ,et lui, le Gendarme Arrogant -qui avait alors 27 ans- la fr√īlait, l'effleurait,elle : elle glissait. De ses bras, de ses mains. Il s'emparait de ses cheveux et les l√Ęchait, comme s'il avait le vent ou l'aurore.
Et il lui présentait les salles avec audace. Des baisers futiles s'échangeaient. Elle s'amusait avec l'Arrogant. Paroles de rien, frissons légers, jeu lascif, propos à double sens et ainsi de suite.
Et soudain, je m'en souviens, c'était dans la salle des gardes, il eut cette phrase -une phrase ridicule et pourtant infaillible, mots calculés à l'effet pressenti- qui la toucha en plein coeur : " Ce serait une tuile, si on tombait amoureux!". Et subitement, tout s'effondre, ce qu'il y avait avant et ce qu'il n'y aurait jamais après : elle fut terrassée, foudroyée, rompue en deux. On appelle ça un coup de foudre ! Elle ne lui céda pas cette nuit-là. Il insista pour la revoir dès le lendemain, lui ordonna de "ne pas poser de lapin."
Le lendemain, il vint, se rendit dans la pitoyable chaumière. Et ils s'aimèrent sur le carrelage de la cuisine -un vieux carrelage gris et bleu. Sa peau, ses épaules, son torse, elle était possédée de lui. Elle s'était abandonnée, s'était quittée.
L'histoire dérapa. Ce ne fut pas même une histoire. Elle avait déployé pour lui ce qu'elle avait de plus beau. Il n'avait retenu d'elle qu'une chose : " Ton corps de sirène".
Na√ģve se croyant avertie, elle sombra dans la passion, s'y engloutit.
Ce fut un gouffre sans fin. Elle ne parvenait plus √† convoquer les mots pour dire qui elle √©tait, elle √©tait dans l'impossibilit√© d'aligner une phrase sur une page.Elle marchait dans les f√īrets, supliait les arbres de le lui ramener ! Maladie d'amour qui dura six ans.
Lui, quand il l'apercevait, il la raillait, l'humilier en quelques mots √©chang√©s furtivement dans un pub ,o√Ļ le hasard faisait qu'ils se rencontrent. J'√©tais poss√©d√©e de lui, je l'avais dans la peau, dans le sang. Et bien des ann√©es plus tard, c'est encore de lui qu'elle r√™ve : d'un goujat. L'amour se joue parfois de nous !
Il s'appelait JCB. Et lorsqu'il est quelque part dans la foule : je le retrouve toujours; reconnu entre mille.
J'ai rasé mes cheveux qui tombaient jusqu'à ma taille. Je m'étais trahie, métamorphosée en serpillère, en carpette. Mais avait-il le droit de me mépriser ?

Il m'est difficile de relater davantage cette étape de mon existence; les mots sont si fades face à la tourmente qui m'avait alors saisie, à l'ampleur des émotions qui me chaviraient.
Je ne sais pas si je souhaite une "aventure" de ce genre à quelqu'un. Et pourtant, il est si bon d'être emporté bien loin de soi et de voir enfin un Autre, de désirer un corps, une peau. C'est si délicieux...


MAIS :
Mes rêves d'amour furent foulés par des chaussures à crampons.
J'ai perdu mon innocence, ma candeur. Je suis devenue une femme avec ce souvenir en travers de la gorge. Avec la honte aussi. La misérable honte de m'être jetée à ses pieds, de m'être abandonnée totalement. La honte de moi.D'avoir tout misé, tout perdu. De n'avoir peut-être pas même JOUER.