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Confidences finales Journal intime créé par B.B

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Journal public


Préface
 La plus grande erreur de ma vie
 La remontée
 Il était une fois
 Remède
 Just because of you
 La pomme empoisonnée
 Vide
 Bouillon de luxure
 Porque tanto buscarse
10   Back
11   Reprise
12   Oui
13  Après
14   Non
15   Fatigue
16   Messed up
17   Journal secret
18   Enivrez-vous
19   Dimanche
20   De haut
21   Burlesque
22   Magique
23   2012
24   Thursday night out
25   Falling down
26   Petits morceaux
27   Vénus et Adonis (-18)
28   Des conneries
29   W**d
30   Lettre à ma vie
31   Top
32   Où?
33   Game
34   Salope
35   Déluge
36   J & Jack
37   Champagne et vin rouge
38   Fini
39   03:43
40   Champagne & Fraises
41   Horrible
42   Allez tous vous faire f**tre
43   En paix
44   Day 2
45   Sec
46   Retour
47   Soirs
48   Quoi?
49   "Dark Paradise"
50   Anniversaire
51   Où?
52   Jalousie
53   Vapeurs
54   Rien
55   Errance
56   Aimée
57   Autres
58   Air frais et brise marine
59   Our day will come ?
60   Encore et toujours
61   A l'ancienne
62   Heaven is a place on Earth with you
63   Voilà
64   La petite bête?
65   Stop that train
66   Boum
67   Vrai?
68   Pause
69   Stress
70   The next
71   Maintenant?
72   Invitation au voyage
73   Larmes salées et pensées à la volée
74   Reward
75   This is it
76   Lassant
77   Sea, no sex and sun
78   Stuff
79   Égarée
80   Bonnes nouvelles
81   Joie
82   Résumé
83   Comic strip
84   Perturbée
85   Électrique
86   And again
87   WTF
88   Choc
89   Descente
90   De travers
91   Lost in translation
92   Some fun
93   Aïe
94   Part 2
95   Healthy
96   Where were we?
97   Mort
98   Vie
99   Love
Après      page publique

"L'amour physique est sans issue", "Je t'aime moi non plus", "Nous nous aimions le temps d'une chanson"... Gainsbourg avait tout compris.

Après cette magnifique soirée, nous avons gardé le contact V et moi. Il a dû repartir dans le nord pour ses études, et moi, je suis restée dans ma capitale préférée. Paris avait pris un tout autre charme. J'étais heureuse. Et torturée en même temps. Mes amies n'en revenaient pas, elles avouaient ne m'avoir jamais vue dans un tel état.

On s'envoyait des messages de temps en temps, du moins c'est ce que je croyais. Je me suis rendue compte quelques temps après que c'était en fait moi qui lui envoyais des messages, et lui qui me répondait.
On avait hâte de se retrouver. Il rentrerait pour la Toussaint, et il repasserait me voir. On était content d'avoir passé un cap supérieur, c'était comme si on avait enfin fait quelque chose qu'on aurait dû faire depuis longtemps, c'était naturel. On avait découvert une nouvelle facette de notre relation.

Bref, j'étais aux anges.

Cette année, un de ses supers potes, et des miens, s'était installé à Paris. Ça faisait très longtemps qu'on ne s'était pas vu. On a proposé de se revoir un soir, de rattraper le temps perdu.

Je suis allée chez lui, il habite un quartier génial de Paris, un de mes préférés. On a passé une super soirée. Ça faisait tellement plaisir de le revoir. On est allé chercher un pizza, on l'a accompagnée de quelques verres de vin... Et les choses ont commencé à déraper. Évidemment. On dansait, les choses allaient trop vite pour moi. Je ne voulais pas faire de bêtise, surtout pas avec A, un des meilleurs amis de V! Il fallait que je m'en aille.

Je ne me souviens plus très bien de ce que j'ai dit ni fait, mais je suis partie bien vite. J'avais eu chaud. J'avais senti qu'il essayait de me pousser plus loin, mais ce n'était pas le moment de faire de connerie. Je suis sortie dans la rue et j'ai pris une grande bouffée d'air. J'étais fière de moi. Je voulais être avec V, et je m'en donnerai les moyens.

A m'a rattrapée dans la rue. Il m'a agrippée par le bras, il m'a demandé ce qu'il se passait. Je lui ai répondu franchement que je ne voulais pas aller plus loin avec lui, que j'avais changé, je n'étais plus comme ça. Alors, il m'a dit qu'il savait. Il l'avait senti. J'étais amoureuse de V. J'ai souri. De l'entendre de la voix de quelqu'un d'autre me faisait plaisir. Je réalisais encore mieux.

Et là, il a dit les mots qui ont fait s'écrouler mon monde. "Je sais que tu es amoureuse de V, mais comme toutes les filles en fait. Lui, tout ce qu'il veut c'est s'éclater et s'envoyer en l'air. Et toutes les filles qu'il rencontre tombent amoureuses de lui, et lui il est obligé de briser leur cœur."
J'étais sans voix. Qu'est ce que je pouvais dire. Il avait tout compris, et même plus. Il m'a dit de remonter avec lui, que je ne pouvais pas rentrer toute seule à 3h du mat. Je ne voulais pas. Je voulais rentrer me mettre dans mon lit, sous ma couette, réfléchir et surtout pleurer. Des larmes se sont mises à couler sans que je puisse les arrêter. J'ai eu mal comme jamais. Il m'a prise dans ses bras, mais je me suis dégagée. Je voulais rentrer absolument. Je suis partie, je ne sais plus comment. Je crois qu'il a essayé de me suivre, mais qu'il a abandonné. Il y avait beaucoup de monde dans la rue, j'étais bourrée. La tête me tournait. Je pleurais. Je m'en foutais. Les gens me regardaient, j'en étais vaguement consciente. Certains m'ont arrêté pour me demander si tout allait bien. Je les envoyais chier ou je leur répondais que oui, ça dépendait de comment était posée la question. Je ne trouvais pas de taxi. J'ai remonté tout le boulevard à pied. Quelqu'un m'a demandé une cigarette, je n'ai pas répondu. Je l'ai entendu me demander si tout allait bien. Je n'ai pas répondu, je n'arrivais pas de toutes façons, j'avais le souffle coupé par mes sanglots. Il m'a demandé si quelqu'un m'avait fait du mal. J'ai secoué la tête, il a insisté pour savoir ce qu'il se passait. J'ai levé les yeux, il avait l'air inquiet. Je lui ai dit que ce n'était rien qu'un chagrin d'amour. Il a hoché la tête pour me dire qu'il comprenait. Il m'a demandé comment je rentrais chez moi, et il a proposé de marcher avec moi pour que je ne reste pas seule, ce n'était pas prudent.
Il avait l'air plutôt efféminé, alors j'ai pensé qu'il était gay, je ne craignais probablement rien à côté de lui. Il m'a parlé, pour me changer les idées, il m'a parlé de son pays natal en Afrique, de son copain, j'ai rigolé. Il m'a dit de ne pas m'en faire, que j'étais belle, et touchante, que je n'aurai pas de mal à trouver quelqu'un d'autre qui prendrait soin de moi et qui m'apprécierait pour ce que je suis. Il a été adorable.

Arrivés en bord de Seine, j'ai enfin vu un taxi. Il m'a fait rentrer dedans et m'a dit de ne plus pleurer, de passer à autre chose et de ne pas m'inquiéter avant de claquer la portière. Je suis rentrée chez moi, j'allais un peu mieux mais le temps du trajet, j'étais retombée au fond du trou. J'étais touchée par les paroles de ce type, je ne connaissais même pas son nom.

Une fois dans mon lit, j'ai pleuré toute la nuit, la tête dans mon oreiller. Je ne voulais pas croire à ce qui venait de se passer. Je voulais tout oublier. J'avais mal à la poitrine. Je me suis levée et j'ai vomi. Je me suis mise sous la douche. Je ne sais pas si je suis restée 5 min ou 1h sous le jet brulant, j'avais mal. Mon cœur battait trop fort, j'avais l'impression de le voir à travers ma poitrine. J'ai enfoui ma tête dans mon oreiller et j'ai hurlé. J'ai eu l'impression que ça me faisait du bien. J'ai recommencé. J'ai mangé du chocolat, en pleurant. Je me suis tapée la tête contre le mur, je ne savais plus ce que je faisais, c'était n'importe quoi. J'avais trop bu, j'étais trop triste, j'avais trop mal. J'ai envoyé un SMS à A, pour lui demander de ne rien dire à V, que c'était mon problème et que je devrais m'arranger toute seule.

J'ai voulu envoyer un SMS à V, mais je ne l'ai pas fait. J'avais encore besoin de pleurer et de hurler.